"Il y a deux mondes: un monde caché et un monde révélé. Mais ces deux mondes ne forment en réalité qu'un seul monde."

Ce vendredi 20 mars 2015, j’ai rendu visite aux jeunes en prison. J’avais planifié trois interviews avec certains d’entre eux dans le cadre de mon Travail de Fin d’Année (TFE) qui a pour sujet « Enfant, sujet ou objet de droit ? Etude de cas : les Philippines ». Nous avions droit à une visite d’une heure.

Pendant que l’autre stagiaire philippin donnait cours sur la confiance en soi, je faisais mes interviews dans le coin opposé de la pièce afin de ne pas être entendu par les autres et pour que le jeune se sente le plus détendu possible pour parler librement. Nous n’avions malheureusement pas d’autre pièce à notre disposition.

Je leur ai posé une dizaine de questions que j’avais préalablement préparée concernant leurs vies antérieur à la prison, leurs conditions actuelles, s’ils connaissaient leurs droits en tant qu’enfant, quels étaient-ils selon eux etc.

Comme je l’ai dit dans mon précédent article concernant la prison de Baguio City, celle-ci est prise en dernier recours lorsqu’un enfant essaye de s’échapper du centre de développement social, tyrannise, agresse d’autres enfants. Ils sont une petite dizaine en prison, ils partagent la même cellule qui contient 6 lits.

Lors des interviews le mot qui revenait dans la bouche de ces enfants était « boring » (ennuyant) ; ils dorment la majeure partie de leur journée, aucune activité ne leur est proposée.

En effet, leurs activités sont très minces, ils peuvent regarder la télévision ou jouer au basket-ball, mais leur horaire n’est pas régulier. Ils n’ont pas de cours scolaires, CFSPI est la seule ONG qui leur rend visite une fois par semaine le vendredi, et qui leur procure des savoirs à travers les « life skills », enfin un prêtre célèbre la messe une fois par mois aux jeunes.  

Malgré le fait que le bâtiment ait des sections pour femmes, hommes et enfants, ces derniers ne les fréquentent pas. Les agressions physiques et sexuelles sont courantes. Ces dernières sont commises par les autres jeunes qui dorment avec eux !

Concernant la connaissance de leurs droits en tant qu’enfant, elle est très limitée voire inexistante. Certains ne savaient pas s’ils avaient un avocat pour les représenter ou quand ils sortiraient de prison, sur les trois, seul un a été en mesure de me citer un droit « droit à aller à l’école ».

Brièvement voilà ce qui ressort de ces interviews. Dans le précédent article j’avais mentionné la difficulté que j’avais face à la réalité carcérale. Cela n’a pas changé, cependant je souhaitais écrire sur ces interviews afin de conscientiser et d’informer sur les situations carcérales de ces enfants car on a une vision réduite de ce milieu.

 

 

 

 

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